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Ça commence / dans la musique...

7 avr. 2012

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Comme vous le savez peut-être (ou peut-être pas…) mon papa et moi, on joue de la guitare. Pour ne pas trop perdre la main et pour que je puisse me pratiquer, nous en avons acheté une avant de partir… Et, avoir su ce que le destin nous réserverait, nous en aurions bien acheté quelques unes de plus...

Nous avons alors fait importer une petite guitare des États-Unis, juste assez grande pour pouvoir y jouer. Manque de chance, nous l’avons oubliée deux semaines plus tard sur le siège d’un autobus chinois (en Chine).

Rare photo de Ralph, notre première guitare, tout habillé.

Sans perdre espoir, nous avons attendu d’être au Laos pour en acheter une, de couleur brun-rouge, pas de très bonne qualité, que nous avons cassée en Birmanie (en fait c’est de la faute à Nicolas, mais bon, c’était un accident…).

Phoumy, notre deuxième, sur une plage du Mékong.


Quelques semaines après avoir cassé notre deuxième guitare, nous avons pris la décision d’en racheter une, une jolie guitare bleue. Nous l’avons trouvée dans un marché de Yangon, alors que nous nous dirigions vers l’aéroport. Elle a eu une très longue vie (comparée aux autres…) mais elle s’est éteinte dans un autobus de nuit Vietnamien. Nous passâmes alors une longue période sans pouvoir jouer un seul accord.

Aung San, d'un flambant bleu à faire rougir Gaz Métro, s'est rendu en Thaïlande et au Cambodge, mais n'a pas survécu au Vietnam...

C’est à Hanoï, que, finalement, nous avons réussi à trouver une guitare, pas trop cheap, et assez belle quand même. Malgré les motifs en tête de taureau, je pense que cela fera très bien l’affaire… Mais encore, comble de malchance, la guitare à un petit problème dans le manche. Malgré les tentatives de Papa pour la réparer (bien entendu, avec son couteau suisse), elle n’est toujours pas parfaite… Avoir su, nous aurions préparé un budget spécial pour l’achat de guitares…

Hô Bò, encore fidèle (pour l'instant) après les modifications suisses.


Hans se demandait toujours ce qu’il faisait dans cet autobus chinois. La route était très longue, et il devait aller aux toilettes. Il avait essayé de communiquer avec le chauffeur, mais il ne parlait pas un mot d’anglais. Sans toutefois perdre espoir, il essaya de mimer l’action, ce qui lui mérita un regard effaré de la part du chauffeur. Hans abandonna l’idée, et décida de faire dans sa chaussure. Le seul problème, c’est que Hans, lui, portait des Tongs. Il se retint donc, Hans ayant été un champion des nœuds dans sa jeunesse. De toute façon, le trajet arrivait à sa fin, se disait-il toutes les deux minutes. Après une heure (soit 30 deux minutes), l’autobus s’ébroua et, enfin, s’arrêta, épuisé. Un garçon d’écurie prit l’engin par la bride et l’amena à son abreuvoir. Les passagers descendirent donc, fatigués de ce long voyage. Hans s’apprêta à sortir, non sans hâte, quand soudain… Non rien, Hans était déjà sorti.

Et c’est comme ça qu’Hans oublia sa guitare dans le fin fond d’un autobus chinois de Chine.

Petite tentative de philosopher le voyage, deuxième partie : Contrastes et paradoxes

23 nov. 2011

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Contrastes et paradoxes semblent régler ce voyage, le marteler, un peu comme une horloge frappe les heures pour nous ramener à la réalité parfois plus surprenante que le rêve.

Le premier paradoxe? : Il y a tant à dire, et si difficile de le décrire... Plus d'un mois que je cherche comment!


Sankhu, Népal.
*

Un mois que nous sommes au Laos, et moi je suis resté au Népal, resté en Chine.

Mais il faut dire que j'y serai encore longtemps, voire toujours. Et je sais d'avance qu'en quittant le Laos dans deux semaines, j'y resterai encore un peu. Et ce serait surprenant que ce soit différent dans les autres pays.

Car à la vitesse où nous allons, on ne fait qu'effleurer ces pays. Un mois, en moyenne, on dirait que c'est long, mais cela ne vous permet que de gratter la surface, et encore, si peu.

Du coup, nos émerveillements n'ont pas le temps de venir à bout de nos questions, et d'autres surgissent immanquablement sans crier gare; on se retrouve piégé par un malaise grandissant autant qu'il semble nécessaire, celui de mesurer de visu l'étendue de ce qu'on ne sait pas ni ne peut comprendre.

Apprendre fait en sorte qu'on sait plus et qu'on sait moins tout à la fois.

Paradoxe. Paradoxes.

Il faut se résigner, mais.
Se résigner à choisir les endroits qu'on verra et d'en laisser tomber plein, mais se dire que c'est déjà arpenter un pays plus qu'on ne l'aura fait pour le nôtre.
Se résigner à ne pas comprendre la culture, mais vivre ce rythme d'ailleurs avec les autres.
Se résigner à ne rien saisir de ce qui nous entoure, mais trouver une main tout près qui se risque à nous guider.
Se résigner à ne pas parler la langue plus loin qu'un bonjour/s'il vous plait/merci engraissé de quelques nombres usuels, mais se rendre compte qu'on peut tout mimer et en être compris.
Se résigner à ne pouvoir trop souvent que sourire bêtement comme toute réponse, mais réaliser que les sourires sont universels.
Se résigner à ne pas voir ce qu'il faudrait voir, mais malgré tout s'en mettre plein les yeux jusqu'au débordement allègre.

Sankhu, Népal.

*

Je suis au Népal, donc.

J'en suis encore au début d'octobre, au moment où j'ai été subitement assailli d'une évidence, que je partage avec Laurence : nous sommes ici des touristes, dans un hôtel pour touristes, mangeant dans des restaurants pour touristes, dans un quartier pour touristes (Thamel, en l'occurrence).

On n'est pas où l'on voudrait être.

On est dans un ghetto. Et, comme les vrais ghettos quand on en prend conscience, celui-ci vous pénètre et vous met en cage. Derrière les barreaux, nous sommes tels un cirque d'abrutis qui se cherchent ailleurs, en manque de réel, luxe bourgeois dans cette société en carence de sens et domptée par les diktats de la consommation-réconfort-anti-angoisse-existentielle.

Au final, est-ce vraiment cela, Laurence, qu'on aura fait en venant ici? Faire les clowns dans une papemobile pare-balles comme dans un siège de cinéma à trois-cent-soixante degrés?

Non. Non... Il fallait partir, et ces derniers jours passés sur la route au Népal nous auront offert un peu de soulagement intermittent, quand nous marchions un peu perdus dans les rues de Sankhu, par exemple, ou dans celles de Bakhtapur, juste avant l'aube.


Mais le malaise subsiste, une nausée latente, en arrière-plan.


Pour prétendre comprendre un tantinet soit peu ce qui nous entoure, il faudrait habiter ces endroits, chaque région, chaque ville, une vie durant.
Et pour nous, ce sera un étrange contraire : ce sont eux qui nous habiteront dorénavant. Parce que nous sommes condamnés à les quitter avant le temps.


Une croix gammée dans une étoile de David? À Pokhara, c'est possible. Ici, ce sont deux symboles sacrés millénaires, le svastika et le shatkona.

*

Si une des intentions avouée et majeures de toute cette aventure était de partir à la découverte de l'autre, et que c'est moins facile que prévu, c'est aussi dû à notre famille «nombreuse».

Qu'on ne s'y méprenne pas : voyager famille, avec des enfants (surtout s'ils ont moins de dix ans et ont l'air d'être des enfants), c'est probablement la manière la plus agréable de voyager en Asie. Le capital de sympathie que nous profère le fait d'accompagner nos enfants est incroyablement énorme. Au point de nous demander si on veut vraiment appartenir à cette classe de touristes, moins bien perçue que nous le sommes, moins bien traitée, que forment les autres voyageurs.

Avec des enfants, on est facilement gratifié de sourires.
Avec des enfants, on hésite (un peu plus) à nous arnaquer.
Avec des enfants, on a immédiatement un lien avec les familles.
Bref, on a tout simplement l'air plus sympathique que les autres. Et ça nous manquera.

Alors il est où, le problème?

C'est qu'en étant six, on devient un microcosme difficile à percer, et, avec les enfants qui grandissent, autosuffisant en matière de conversation. Ainsi, les contacts avec les autres, population locale comme autres voyageurs, deviennent moins nécessaires. Et, pour détourner un peu le proverbe, la nécessité étant la mère de l'invitation...

Le résultat? À défaut de trouver et d'apprendre à connaitre l'autre, on trouve et on apprend à connaitre ceux qui sont le plus près de nous.

Il est de ces voyages qu'on recommencerait n'importe quand.


Chine. Sans commentaire.

*

Ce voyage demande tellement d'énergie et d'implication au quotidien, parce que chaque action banale demande ici un peu plus: où dormir, où manger, comment s'y rendre, combien de jours rester, vérifier les taux de change, garder l’œil sur le budget, lire sur les endroits à visiter, à ne pas visiter, recouper les avis de voyageurs et ceux des guides, gérer le linge propre et moins propre, faire/défaire son sac, enseigner sans livres ni cahiers, régler les visas, magasiner un billet d'avion, chercher une connexion Internet, partager un sac de biscuits équitablement, gérer les tempéraments des enfants (euh, avant qu'ils ne deviennent des tempéraments), gérer son propre tempérament... Ouf! Je vous jure qu'au final, il reste peu de temps libre, même dans les journées de repos.

Et pourtant, c'est si facile... Trop, même. Avec notre budget, dans les trois pays que nous avons visités en tous cas (ça risque de changer, notamment en Birmanie), en étant un tant soit peu averti, on peut vivre très grassement. La seule chose dont on se prive vraiment, c'est le vrai luxe touristique : hôtels de luxe, restaurants de luxe. Et ceux-ci ne sont encore présents que dans les grandes villes...

Mais la facilité dépasse le concept des finances. C'est beaucoup plus simple que je ne l'avais anticipé de se repérer, de communiquer, de se déplacer, de vivre ici. Les quelques rares embuches sont fort bénignes et fugaces.

C'est vrai qu'on est creux. Mais comme dans une piscine, on est à cet endroit à la frontière entre le creux et le pas creux, vous savez, là où, si on se met sur la pointe des pieds, on sait qu'on aura la tête hors de l'eau... Et en arquant un peu les chevilles, c'est parfois tentant de ne pas ramer...

 Jinghong. Cuisiniers et tatouage daïs.


Campagne près de Dali, Chine. Produit contre les souris? Nourriture pour souris? Souris?

*

Un occidental rencontré à Vientiane nous a posé comme première question lors de notre rencontre: Vous êtes en vacances ou en voyage? Ravi qu'on nous pose une question hors norme, j'ai répondu tout de go : En voyage!

Mais je ne sais plus...

Depuis le Népal, nous sommes plus en vacances qu'en voyage (en fait, comme dans une série de vacances). Hormis les deux treks du Sud de la Chine et du Nord du Laos, nous sommes bel et bien en mode relaxe. Moins ambitieux en matière de découverte. Et l'atmosphère du Sud du Yunnan ainsi que celle du Laos (encore plus!) y sont particulièrement propices. À la limite, plus que propices, elles y entrainent!

On se la coule douce, donc (vous l'aurez remarqué dans les billets précédents!), sans toutefois nous sentir coupables. En effet, on accepte de ne pas pouvoir tout voir, tout comprendre, tout vivre. Alors on vit, simplement, conscients d'être, encore plus que des étrangers, des touristes. Des clowns de passage (des gentils clowns). Mais on essaie de baisser les vitres de la papemobile un peu. Un peu.


La réflexion sur ce que c'est que de voyager est loin d'être terminée. Je retiens quelques idées pour le moment (notamment par crainte d'endormir les lecteurs – j'étais parti pour parler de religion et de recettes pour changer le monde...), mais j'y reviendrai inévitablement (oh, j'ai aussi plus léger, soyez patients!). Un dernier mot cependant, sur le temps.


Réflexe d'un jeune garçon laotien devant la caméra: le V de la victoire. Instinct mâle ou culture masculine?



Dans la même école, un cœur en papillon. Réflexe instinctif ou culturel?

*

La nature paradoxale du temps a beau être un lieu commun, la pertinence de la question de Pascale, laissée en commentaire le mois dernier, est incontestable :

Voilà deux mois que vous êtes partis et que vous avez débuté un rythme complètement nouveau...
Comment se passe votre relation avec le Temps? Je veux dire avec le fait de ne pas avoir d'horaire prédéterminé par l'extérieur, de pouvoir avoir de l'espace-temps pour être en mode découverte et pour vous laisser déposer émotivement ? Comment ressentez-vous le fait que vous ayez encore 8 mois (8 mois!) devant vous hors du rythme imposé du travail et des obligations de toutes sortes? Est-ce dépaysant? Inquiétant? Agréable? Bizarre? Êtes-vous habitués maintenant? Est-ce bon?

Ouille. Pas simple. Tout passe et se passe si lentement, et pourtant nous sommes en route depuis trois mois comme si c'était depuis une semaine. Nous n'avons certainement pas l'impression d'être partis si longtemps. Sans doute parce que nous sommes constamment en train d'arriver, non? Et pourtant, nous avons vu tant de choses qu'il nous prend souvent le réflexe, lors d'un repas, de nous remémorer des souvenirs de notre voyage, celui-ci! Et de revoir nos photos comme celles d'une aventure lointaine...

Oui dépaysant, oui inquiétant, oui agréable, oui bizarre. Et grisant, puis engourdissant, que d'avoir tout ce temps devant soi, sans être pressés, mais aussi d'avoir pris et vécu tout celui qui s'est déjà écoulé... si vite, et si lentement.

Mais bien entendu, notre rapport au temps n'est pas le même pour tous, à dix ans ou à quarante. Déjà, je me disais que c'est presque 5% de ma vie adulte que j'aurais passée en Asie... c'est tout à fait notable et potentiellement marquant, mais à l'échelle de Thomas, ce sera 25% de son existence depuis qu'il a atteint l'âge de raison... C'est dire l'emprise possible que le temps du voyage aura sur lui.

Dix mois, on se rend compte que c'est long et court à la fois. Voir l'Asie en dix mois? Ah oui? Vous pouvez montrer Montréal en une demi-heure, vous? Et puis, si nous sommes dépaysés, c'est tellement souvent à recommencer à chaque pays que le Québec et tout ce qui s'y trouve ne nous manquent pas encore au point d'en éprouver de la nostalgie (ah, relire L'Ignorance, de Kundera, rien que pour sa redéfinition du mot!).

Tempus fugit, gravait-on sur ces vieilles horloges. Si c'est aussi le cas de celle qui rythme ce voyage, eh bien l’inscription ne nous intimide pas. On vit avec un pendule qui semble osciller sans régularité précise, on vit avec ces heures qui sonnent en criant tous ces contrastes et ces paradoxes, un peu comme notre coucou à la maison qui, sans qu'on l'entende, réussit à nous faire comprendre inconsciemment où nous en sommes.

Pour l'instant, on ne demande pas mieux.

Vraiment, adieu la Chine?

26 oct. 2011

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Jinghong la nuit
Nous quittons la Chine vers le Laos et nous sommes nostalgiques (hé oui, encore). C’est que nous l’aimons bien cette Chine du Sud et que nous avons l’impression qu'il nous reste tant à y découvrir.

Nous savons aussi que nous allons nous ennuyer d’un tas de trucs que nous trouvons ici. Hier, nous marchions, Michel et moi, pour une dernière fois dans les rues animées de Jinghong. On s’est arrêtés pour une dernière brochette de courgettes et un dernier «ordre» de pieuvres grillées. Assis sur des petits tabourets, sur le trottoir, en buvant une bière et en attendant notre commande, nous regardions la vie passer. On était bien.


Les enfants sont sortis tour à tour se promener (en paires) pour aussi faire un dernier tour de ville. La Chine leur a montré à être débrouillards, à ne pas craindre de demander avec des gestes, à gouter des tas de trucs, à ne pas s'offusquer de la saleté et des insectes géants, à ne pas avoir peur... de rien. Je ne sais pas ce qui nous attend pour la suite de ce voyage, mais, chose certaine, nous garderons de cette Chine fascinante cette petite envie d'y revenir et d'y rester encore bien plus longtemps.

[Note du photographe: Sur le Mékong, structure de Jinghong aux formes harmonieuses dont on s'ennuiera (en haut à gauche)]

Cela dit, il y a tout de même une chose que nous ne regretterons pas de la Chine et ce sont les sites Internet censurés ainsi que les difficultés et la lenteur à poster sur le blogue. On espère que ce sera plus simple maintenant!

Quand l’appétit va, tout va

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Même les plus coriaces des aventuriers ont besoin de soutien moral.
Après avoir marché pendant des jours et des nuits, après avoir perdu plusieurs de nos compagnons, après nous être aventurés dans le cœur même de la jungle, rien ne nous était plus hostile que… Le manque de nourriture (ta-tan!).

Bon, on ne manquait pas vraiment de nourriture, mais pour moi c’est une expression qui veut dire : pas de pain, pas de fromage, pas de céréales pour le déjeuner et pas de dessert.
Nous, nous avions : du riz, des légumes bouillis, des nouilles aux œufs le matin et du thé.

Nous n’avions pas peur des bêtes sauvages, pas peur des piqûres empoisonnées, pas peur des clowns méchants. Mais après avoir bravé tous ces dangers, nous revenions, la peur au ventre (littéralement), à l’endroit où nous allions manger…

Encore là, ce n’était pas mauvais du tout… mais manger les mêmes choses tous les repas, tous les jours, je n’étais vraiment pas prêt!

Nous avions un système pour nous aider à marcher et à oublier notre faim. Nous énumérions tous les plats que l’on voulait manger en ce moment, tel que :

La cuisine de Grand-Maman Jenny (en général)
La cuisine de Grand-Maman Brigitte (en général)
Les salades de Marc et David
Les crêpes de Pascale
Les crêpes de Cathy et Marc
Les tartes de Monique 

Ou bien :
Un club sandwich
Un gros hamburger
Des sandwiches au pain pita
Etc.

Bref, il était tel que l’on pouvait nous suivre à la trainée de salive que nous laissions derrière nous. Vous êtes peut être en train de vous dire : « Oui mais vous avez la chance de goûter plein de nouvelles choses et… »
Je vous coupe et je dis : « Vous avez raison, nous goûtons plein de nouvelles choses et c’est super cool. Mais, c’est là que nous nous rendons compte à quel point nous nous ennuyons beaucoup de ce que l’on mange chez nous. Vraiment. »

Et là vous me répondez : … En fait je ne sais pas ce que vous me répondez, c’est un peu à vous de choisir. Mais qu’importe, nous n’allons quand même pas partir une conversation par le biais d’un billet de blogue. C’est donc la…
Fin… de la faim

Battre les sentiers

24 oct. 2011

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Dernière journée de trek. Il fait un temps radieux et une chaleur intense. On dit au revoir à nos hôtes et nous descendons une petite heure vers des chutes dans lesquelles les enfants pourront se baigner un peu. L’eau est froide et les enfants s’amusent surtout à construire un barrage sur la rivière. Après la baignade, le reste de la marche nous fait traverser des rizières toute sèches car le riz vient tout juste d’être récolté. Nous qui souhaitions sortir des sentiers battus, nous avons été servi lorsque Phoebus a du débroussailler le chemin, pendant un bon vingt minutes, en taillant, avec un bambou, dans les hautes herbes. Nous en sommes sortis couvert d’épines et de feuillages! 

Nous avons traversé deux villages Bulang et là, c’est Michel qui a littéralement fait hurler de terreur deux bambins qui jouaient. Il faut dire qu’il est arrivé, un peu en surprise, derrière le camion dans lequel les enfants jouaient, avec sa grosse barbe de deux mois. L’apparition du bonhomme sept heures n’aurait pas fait plus d’effets! Nous avons un peu l’impression d’être des croque-mitaines ici. Il faut dire que le chemin semble vraiment peu fréquenté par des occidentaux.

 [Note du photographe: Enfants qui me fuient, en riant, ceux-ci...]

Malgré l’intérêt de la randonnée, il y avait cependant un petit hic. Nous n’avions pas d’eau potable à boire durant presque tout le parcours (un bon cinq heures!). Les villages n’en vendaient pas (nous voulions des routes moins touristiques, fallait tout de même pas s'attendre à trouver des buvettes à tous les coins) et nous n’en n’avions pas apporté, notre guide nous ayant certifié que nous en trouverions facilement en route. Nous avons donc marché des heures, en plein soleil de midi, avant de trouver un boui-boui qui vendait de l’eau, à la toute fin du trek! Les enfants ne se plaignaient pas trop car sur la route nous avons tout de même trouvé des genres de boissons jaunes fluo (pas du tout artificielles c'est certain) et qui goutaient le Mr. Freeze congelé (miam!).

Le trek se terminait au village de Bada. Là une voiture nous attendait pour nous ramener à Jinghong à travers une petite route sinueuse longeant des plantations de thé. Nous sommes revenus à la nuit tombée à notre hôtel, bien contents de prendre une douche. Michel et moi n’avions pas faim mais les enfants sont sortis manger des brochettes (ils ont un circuit établi en genre de petite routine et qui commence invariablement pas un pop corn sur la route vers les BBQ. Ensuite le premier arrêt est pour le marchand de pommes de terre qui les reconnait et leur prépare tout de suite leur commande. C’est par la suite le tour des brochettes diverses et, pendant qu’elles cuisent, l’achat de jus de lime chez le jeune homme avec les cheveux qui bougent quand il « shake » la mixture. Ils terminent leur repas par des genres de crêpes frites aux bananes avec coulis de lait concentré sucré, faites adroitement par un couple de birmans. Et, en revenant, il y a un arrêt pour acheter une glace à la banane.) 




Ils sont débrouillards, les enfants, et Jinghong est une ville facile pour se déplacer et se repérer. Nous n'étions donc pas inquiets du tout!


Jour 2 chez les Bulang

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[Note du photographe: Scène typique de la campagne profonde Xishuangbannaise -- les paysans utilisent presque exclusivement la moto, seul engin pouvant pratiquer les sentiers, pour se déplacer, ainsi que leurs moissons]

C’est véritablement au son de toute la basse-cour que nous nous réveillons. Le déjeuner nous attend, des nouilles mélangées avec des œufs brouillés. Les bols sont énormes et on arrive à peine à manger le quart des nôtres. Il parait que c’est bien vu pour les chinois de laisser de la nourriture dans les assiettes (dixit Phoebus). J’ai de la difficulté à me faire à cette idée et je suis vraiment triste de voir la quantité de nourriture que nous sommes incapables de manger à chaque repas. J’espère, au moins, que ça nourrit ensuite les cochons, mince consolation!

[Note du photographe: Il faut vraiment être timide pour refuser de jouer avec Catherine! (Et vous aviez remarqué Pleasant Goat?)]

Avant de partir vers d’autres villages, nous visitons le petit monastère et la pagode du coin. C’est très joli et paisible. Par la suite, c’est une bonne journée de marche à travers la jungle qui nous attend. On s’arrêtera pour diner dans un autre petit village Bulang. Ici, les enfants ont peur de nous et c’est difficile de les approcher. Ils ont tous l’air d’enfants abandonnés de la jungle, dépenaillés, à moitié nus et morveux. Catherine arrive même à en faire pleurer deux juste en leur souriant…ceci dit, les gens sont vraiment gentils et nous prenons une bière avec le propriétaire du « dépanneur » du coin, assit dans la rue sur des tabourets. Il y a des tas de bébés poussins et d'adorables bébés cochons partout. Nous profitons de Phoebus pour oser gouter à des tas de trucs avec des emballages qui ne nous permettaient pas de savoir exactement si ça se mangeait ou non (gomme au blé, jus de tamari, gelée de litchi...)

Dernier segment de marche plutôt sportif en montée et on arrive dans le village de Manwa, village où nous passerons la nuit. On s’installe dans la famille qui nous accueille et Phoebus va chercher des trucs pour que les enfants puissent pêcher dans l’étang du village. C’est donc avec des canettes vides de Red Bull chinois en guise de moulinets, des branches de bambous en guise de canne et des pailles à la place des flotteurs, que les enfants ont taquiné le poisson. À défaut de mordre, c’était bucolique à souhait. 



Retour à la maison de nos hôtes en zigzagant à travers les cochons. Le souper sera copieux (trop!) et Michel, politesse toute arabe oblige, n’osera pas refuser les nombreux verres de rice whisky qui lui seront offerts (j’arrive même à lui faufiler mon verre en douce, le rice whisky de nos hôtes goutant un savant mélange d’eau sale et d’alcool à friction). La soirée se termine dans la « cuisine », autour du feu. Les femmes ont des enfants qui dorment sur leurs genoux, le maïs sèche à nos pieds et nous mangeons des graines de citrouille grillés et des arachides rôties. Dehors, les étoiles sont incroyables (nous voyons Jupiter qui brille de tous ses feux) et c’est à côté d’énormes sacs de riz que nous dormirons ce soir, pour une autre nuit, chez les Bulang.

Plus profondément dans le Xishuangbanna - Jour 1

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Bon, c’est bien beau de profiter illégalement de la piscine de l’hôtel cinq étoiles de la ville, de manger des brochettes sur le bbq tous les soirs, de déguster des sublimes ananas à toute heure du jour, de glander au café Banna en buvant de la bière pas chère, de faire des ricochets avec des roches plates dans le Mékong, de lire les livres en français trouvés dans un autre café (toujours drôle d’ailleurs de voir les livres qui sont laissés par d’autres voyageurs dans des coins obscurs de la planète- Olga, j’ai même eu la chance de lire un livre de ta maman!) et de déguster toutes les saveurs de crème glacée de la Chine, mais ce n’était pas vraiment pour ça que nous étions venus dans ce coin du Yunnan. 

Ce que nous voulions faire c’était de marcher un peu à travers les plantations de thé et les nombreux villages des minorités culturelles qui foisonnent dans cette région. Sur ce coup-ci, nous avions, de prime abord, bien envie de nous débrouiller seuls comme des grands. Mais, après lecture et consultation d’experts, force nous fut de constater que pour des occidentaux ne parlant pas du tout chinois, c’était très hasardeux voire même impossible comme aventure. Hasardeux car il n’y a pas vraiment de cartes des sentiers, que rien n’est indiqué et qu’il n’y a aucune installation pour dormir ou pour manger, à part chez l’habitant… et que l’habitant, et bien il a d’autres chats à fouetter que d’attendre au coin de la rue la gentille famille de touristes qui aimerait bien jouer à Mime-moi quelque chose avec lui.

On a eu beau retourner ça dans tous les sens, rencontrer les trois guides qui font des circuits dans les villages, tergiverser et, surtout, s’indigner des prix exorbitants des formules de trek qu’offrent les trois seuls cafés-qui-parlent-occidental (les touristes Chinois ne font pas de trek) de Jinghong (parait que l'argent est redistribué dans les villages), nous avons tout de même fini par prendre un guide pour une virée de trois jours, deux nuits à travers les villages des minorités Bulang.

Phoebus, (c’est le nom anglais que notre guide s'est choisi et je suis vraiment déçue d’avoir oublié de lui demander la raison de ce choix!) a donc été, après marchandage, l’heureux (!) élu pour nous révéler les secrets les plus intimes des gens de la région. Nous l’avons choisi parce qu’il parlait bien anglais et qu’il avait l’air gentil, des critères qui en valent bien d’autres.

Nous sommes donc partis tôt mercredi matin, avec notre attirail léger de voyage et un peu d’appréhension aussi parce notre dernière expérience de guide nous avait un tantinet échaudés.

Dans un premier temps, c’est en autobus que nous avons rejoint le village de Xiding où il y avait un marché (chouette, moi qui adore les marchés). Et, pour une fois que j’avais un authentique chinois sous la main qui pouvait, enfin, me dire le nom et l’usage que tout ce que je voyais, je ne me suis pas gênée!

Des vers blancs dans les bambous que l’on bouche avec des feuilles, des racines de lotus, des blocs de tofu gélatineux et oui, les alvéoles de ruches remplies d’abeilles géantes et de larves grouillantes, c’est bien pour manger les abeilles par la suite (grillées, very delicious de me dire Phoebus).

[Note du photographe: Oui, ce sont bien des vers que vous voyez dans le bol. Vivants, évidemment!]




[Note du photographe: Abeilles, guêpes et larves variées... Catherine détournait assurément le regard.]

J’y serais restée des heures! Mais, bon, le diner nous attendait dans un autre petit village, à une heure d’autobus, et ensuite quelques heures de marche devaient aussi se faire avant de trouver le repos du trekkeur dans le village de Zhang Lang. Alors pas trop de temps à perdre pour parler popote!

D’emblée, ce qui était vraiment agréable dans toute cette journée, c’était de pouvoir parler avec Phoebus (qui se voulait, selon ses dires, un pont entre la culture chinoise et les autres cultures) de tout ce qui nous étonnait, questionnait ou interpellait en Chine. Phoebus était content de répondre à nos questions et nous en posait aussi, ce qui permettait d’avoir une vraie conversation. De plus, il connaissait des tas de trucs sur les plantes, arbres et fleurs que nous voyions. Nous avons donc marché en goutant des fruits nouveaux, en sentant des feuilles, en observant des insectes. 


Le sentier était beau et serpentait entre quelques villages, quelques champs de riz, des cultures de thé, des rangées de bananiers et des tas de cannes à sucre. Le super moment de cette marche fut lorsque, à mi-chemin, un camion s’est arrêté pour nous proposer de nous embarquer dans sa boite en arrière. Sur un sentier cahoteux au possible, on a rigolé comme des fous en nous penchant régulièrement pour éviter les branches et en s’agrippant fermement pour éviter de tomber par-dessus bord. Parait que c’était mieux que La Ronde, de dire les enfants.

Premier dodo dans une maison de minorité Bulang. Les maisons Bulang sont construites en bois sur deux étages. Le premier étage est complètement ouvert et sert de rangement et d’abri pour les animaux (surtout des cochons car la région est véritablement le royaume du cochon noir) et le deuxième étage est la maison proprement dite avec un espace cuisine (une petite pièce avec un feu de bois au centre, quelques tabourets à ras le sol pour s’assoir autour du feu et deux-trois chaudrons) et une grande pièce qui sert à la fois de salon et de salle à diner et dans laquelle tout le monde dort, par terre. Ce sont des pièces très sombres car il n’y a pas ou très peu de fenêtres afin d’empêcher les démons de rentrer dans les maisons (parait que c’est super efficace). Les toilettes sont sur la terrasse dehors et le maïs et les feuilles de thé sèchent un peu partout.
Nous avons soupé avec cette famille. Phoebus traduisait nos questions, commentaires et réponses de nos hôtes, ce qui donnait une petite ambiance bon enfant à la soirée. Nos hôtes étant bien impressionnés par nos grands enfants et nous avons bien failli arranger un mariage entre Nicolas et leur seconde fille, même si le principal intéressé ne semblait pas trépigner de joie à l’idée d’un avenir de cultivateur de thé (la fille était jolie par contre, même si elle ne fut que furtivement aperçue). Nous avons aussi porté des toasts avec du rice whisky, qui est en fait un alcool fait avec du maïs fermenté (cherchez l’erreur). Ici, tout le monde concocte le sien (avec plus ou moins de succès) et il accompagne tous les repas, matin, midi et soir (ouille pour les estomacs).

Finalement, c’est en chantant que nous avons terminé la soirée (aucun rapport avec le rice whisky) et comme nous n’avons toujours pas de guitare (snif), ça sonnait sans aucun doute pas mal cacane notre affaire. Mais bon, nos hôtes avaient l’air de trouver ça très drôle et devaient penser que les fausses notes étaient partie intégrante de la culture québécoise. On s’excuse.

Dodo en groupe dans la pièce commune… les enfants ont adoré. Les grands dormaient sur de la paille et nous sur des matelas du genre dur avec ressorts dans le dos. Mais, bon, on était pas là pour faire nos chochottes!

Départ du Népal

21 oct. 2011

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Dernière journée au Népal, ce matin nous arrangeons les derniers préparatifs et nous partons pour l’aéroport de Katmandou vers Kunming , à 4 heures d’avion. À Katmandou on avait acheté 20 paquets de gommes, mon frère ayant mangé toute les siennes nous a échangé des services contre une gomme, pratique, non? Bon, alors rendu à Kunming, on cherche un bus couchette pour Jinghong mais on n’avait pas assez de comptant alors on est allé dans un guichet automatique mais il ne marchait pas. Au bout d’une heure aucun ne fonctionnait. Les gens de la gare nous ont fait un prix plus bas pour un trajet de huit à neuf heures. Arrivés à Jinghong, on a trouvé un hôtel et tout allait bien. Le soir, Nicolas, Olivier, Catherine et moi, nous sommes allés acheter des brochettes, du jus, une patte de poulet, des biscuits, de la crème glacée et des fruits trempés dans la tire pendant que Papa et Maman dormaient (c’était vraiment amusant j’aimerais faire ça tout le temps). C’était très bon, la crème glacée est délicieuse, les brochettes sont très tendres mais la patte de poulet est très dure.


Chine, prise deux

17 oct. 2011

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Tout est souvent une question de perception. Ce qui frappe lorsque l’on arrive en Chine après un mois au Népal c’est à quel point la Chine est ultra propre (!) et moderne. Ici, les autoroutes sont impeccables, les gens ne klaxonnent pas à chaque seconde, on retrouve bien plus que deux types de fruits dans les épiceries et il n’y a pas d’animaux dans les rues. Nous avions aussi oublié que vraiment personne ne parle anglais dans ce coin du monde et que nous devions renouer avec nos talents de mimes. On s’est tout de même pas mal tirés d’affaire en réussissant à faire comprendre que nous avions des problèmes avec nos cartes bancaires (après des tentatives infructueuses de retirer des sous dans quatre guichets différents), que nous n’avions donc pas assez de comptant pour les billets d’autobus, que nous cherchions un téléphone ou un accès internet pour rejoindre notre banque et que nous aimerions bien de l’aide pour trouver une idée autre que de dormir plusieurs jours à la gare. Les préposés aux billets, se demandant bien quoi faire avec cette famille d’occidentaux, ont trouvé la solution gagnante pour s’assurer de ne plus nous avoir dans les pattes, des billets moins chers! Du coup, on avait juste assez de sous pour les billets et pour manger un peu, en espérant fortement trouver des sous à Jinghong, notre prochaine étape à neuf heures de bus de Kunming.
Première expérience dans les bus-couchettes. On a adoré. Je me sentais comme Yoko Tsuno quand elle va sur Vinéa et qu’elle dort dans un genre de cylindre. Dans ces autobus, on retrouve trois rangées de couchettes de large et deux couchettes en hauteur. Un petit éclairage bleu nous donne l’impression d’être dans une discothèque, on doit mettre nos souliers dans un sac de plastique et on a une couverture et un oreiller pour être plus confortables. Le grand luxe quoi! Au fait, c’est tellement confortable que quand tu arrives à destination, personne ne sort et le chauffeur attend une bonne heure avant d’ouvrir les lumières pour réveiller les gens. Bon, c’est sans doute aussi parce qu’il était fichtrement tôt et qu’il n’y avait pas grand-chose à faire à cinq heures du matin dans une ville de province chinoise.

Nous sommes donc à Jinghong, au Sud du Yunnan, province qui est elle-même dans le Sud de la Chine (c’est le Sud du Sud). C’est un climat tropical et la région est réputée pour ses cultures de thé (c’est le point de départ de la route du thé qui passait ensuite par Shaxi-Dali-Lijiang-Shangrila pour finir au Tibet), d’ananas et de caoutchouc. Les rues ici sont toutes bordées d’immenses cocotiers, de palmiers et d’hibiscus géants ce qui donne à la ville un petit air du sud de la France, inscriptions en chinois (et en Dai) en prime. C’est assez joli, somme toute. 

Nous sommes sur le bord du Mékong, à trente kilomètres des frontières Birmane et Lao, pas loin de la Thailande. C’est le cœur de l’ancien royaume des Dai et ici, tout est écrit en chinois et en Dai. Les hommes se promènent en bedaine et les femmes sur des chaussures à talons gigantesques avec des micros-jupes minimalistes. Le soir, la ville se transforme en un immense barbecue et c’est le paradis de la brochette sur charbon de bois (légumes, poissons, viandes, trucs inconnus…). On retrouve avec plaisir les épices de la cuisine traditionnelle Dai (piments, citronnelle) et on s’enhardit de plus en plus à essayer des trucs nouveaux, surtout en ce qui a trait aux boissons du genre Bubble tea qui nous réservent des surprises à chaque fois (selon le bon gout de la personne qui nous le concocte). C’est aussi avec plaisir que nous retrouvons une abondance de fruits et de légumes (au Népal nous n’avions que des pommes et des bananes), de la canne à sucre qui se vend au coin des rues et des glaces à la banane et chocolat (super miam!). Nous revoyons aussi ce qui semble l’activité préféré des chinois dans les villes, pêcher des petits poissons dans des étangs!
On recommence à se faire franchement dévisager et à se faire prendre en photo (surtout les deux grands, par des jeunes filles qui les suivent dans les allées des supermarchés). On a l’impression que dès que quelqu’un connait deux mots d’anglais, il vient nous les dire. Au fait, ils sont vraiment charmants ces chinois du Sud du Sud.




Nous avons finalement trouvé un guichet qui accepte de nous refiler des sous, on a un hôtel qui serait génial si la connection internet fonctionnait vraiment, mais bon, on va faire avec. 

On s’installe dans le coin pour quelques jours, avant de poursuivre vers le Laos!

Retour en Chine

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 [Note du photographe: Renouer avec la Chine signifie aussi renouer avec ses desserts glacés, nombreux, délicieux, mais surtout quétaines.]


Le jour du départ est arrivé, il va falloir que l’on quitte le Népal. Nous avons une longue route à faire (avion, taxi, autobus), en tout, 24 heures de trajet. Tout s’est bien passé (surtout parce que l’on avait de la gomme à la banane dans l’avion) sauf qu’à la station d’autobus de Kunming, nous n’avions pas assez d'argent pour payer les billets. Nous attendons une heure pendant laquelle papa cherche (en vain) un guichet automatique qui fonctionne. Enfin, les vendeurs de billets (qui étaient sûrement tannés de nous voir nous chamailler), nous ont fait un prix qui était dans nos moyens. On avait faim et nous n’avions qu’une demi-heure pour manger avant que l’autobus parte. Nous avons mangé dans la rue pour pas très cher, patates douces, patates frites, œufs, pain, enfin, tout ce qui était nécessaire à notre survie. On avait oublié que personne ne parle anglais en Chine. Ça nous faisait étrange de ne pas pouvoir communiquer (on savait quand même dire quelques chiffres).

« Ouais! Des couchettes! » Nous exclamions-nous en rentrant dans le bus. « On va pouvoir dormir! »
En effet, nous avons dormi, même pas mal bien, et lorsque nous sommes arrivés à Jinghong, il était tôt le matin (pour nous parce que pour vous, c’était le soir). Nous avons marché, nos sacs sur le dos, pour aller dans un café où l’on pourrait nous conseiller pour un hôtel. Longue histoire donc je vais résumer. Tout d’abord, nous n’avons pas trouvé le café et après, on s’est rendu compte que c’était la carte qui n’était pas bonne. La personne à qui nous voulions parler n’étant pas là, nous avons trouvé tout seuls un hôtel. Après, nous sommes allés manger dans un restaurant chinois. Miam! C’était bon! J’avais oublié comme j’aimais ça! Nous sommes ensuite allés marcher et nous avons mangé des fruits délicieux, comme des ananas.

P.S.: J’ai vu mon dragon! Il était tout vert et fait en feuilles, mais nous étions en Chine donc ça ne compte pas.

Merci la Chine

13 sept. 2011

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Merci la Chine pour nous avoir un peu préparés à Katmandou. Je pensais que c'était un joyeux bordel, la Chine, mais c'est parce que je ne connaissais pas Katmandou : le bordel de la Chine mais en trois fois plus pauvre, les rues défoncées, les fils électriques en mottons incroyables, la conduite à gauche anarchiste, les klaxons sur les amphétamines, les échoppes de tout, les maisons comme autant de ruines habitées où humains et animaux se mélangent jusqu'à s'y confondre.

Mais, mais, le sourire incroyable des népalais est véritablement unique. Unique car on le sent vrai avec les yeux qui pétillent et la fossette dans la joue. Ce sourire, les chinois ne l'avaient pas (gentils, certes, mais avec une certaine réserve) et, franchement, ça fait toute une différence! En prime, ils sont beaux les Népalais! Les femmes se promènent dans des saris incroyables : elles semblent être prêtes à aller remettre un prix prestigieux dans un gala quelconque. Et pourtant, c'est dans la gadoue qu'elles marchent! Je crois que c'est dans ces sourires, cette beauté vraie et cet accueil sincère que se trouve la véritable richesse de cette ville.
C'est après une douche rapide, et malgré notre 24 heures de trajet chaotique, que nous avons attaqué, sans plus attendre, cette bête grouillante qu'est Katmandou.
Ne reculant devant rien, on s'est rendu au temple des singes, surplombant la ville. Un parc, des dizaines de singes en liberté (dont des tonnes d'adorables bébés singes accrochés à leur maman), des centaines de marches à gravir, des dizaines de faucons qui maraudaient dans le ciel, un bric-à-brac de cossins autour des temples, de l'encens, une vue à couper le souffle sur la ville et un orage, au loin, qui grondait.



En redescendant, celui-ci nous est tombé dessus à bras raccourcis, et sur tous les élèves qui sortaient des écoles (tous en uniforme!). Quelle douche et quel ballet de tous afin d'éviter les trous d'eau et les trombes qui cascadaient des toits! …avec du tonnerre et des éclairs en prime, qui faisaient se boucher les oreilles des petits écoliers. Nous avons rapidement dépassé le gars qui se promenait avec un genre de pic en métal pointu sur une charrette (Benjamin Franklin, ça se dit comment en népali?), regardé avec stupeur celui qui gossait dans les fils électriques sur un poteau et nous sommes abrités, bien judicieusement, dans la boutique de la vendeuse de beignets et de samosas. Après concertation, et le bedon bien rempli, nous avons décidé de faire un judicieux zigzag sous tous les porches et de retourner ainsi vers notre hôtel. On s'est alors fait des tas de copains qui nous envoyaient des namastés joyeux et on a fini complètement trempés!

Honnêtement, nous avons adoré. Je ne sais pas trop pourquoi d'ailleurs. Les enfants trouvaient ça hyper drôle de se faufiler, de lieu sec en lieu sec, dans le style course à obstacles, on s'est même retrouvé pendant cinq minutes assis dans la minuscule cagnotte d'un marchand d'étoffe tellement gentil qu'on se sentait mal de le quitter aussi rapidement. On a marché dans des trous d'eau incroyables, on a failli se faire frapper vingt fois par des rétroviseurs, on a croisé des compagnons d'infortune aussi trempés que nous et on rigolait à se voir… bref, c'était un beau moment!


Merci, hôtel Ganesh Himal pour la douche chaude! Du coup, on s'est tous mis en pyjama et nous sommes allés souper au restaurant de l'hôtel, en pyjama! Souper tout simple mais excellent et… il y a une guitare qui sonne pas pire dans le petit salon.
Avis à tous les habitués des mardis chez les Sardi! Le thé népalais est à se jeter par terre. Un mélange de cardamome, de lait, de sucre et de je ne sais quoi encore (de la girofle, me souffle Michel). Je vous promets, je demande la recette et je vous en fais tout plein à mon retour!

Petite tentative de philosopher le voyage, première partie: Les yeux

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On vous prévient tout de suite, si un jour on quitte définitivement le Québec, c'est désormais dans La Ville dont on ne doit plus dire le nom qu'il faudra venir nous chercher.

Pour l'instant, chacun des six endroits visités en Chine nous a séduit plus que le précédent. Chance, acclimatation ou adon, peu importe, on est encore en pleine lune de miel. Et nous aurons le luxe rare de faire s'estomper un peu, si elle advient dans les prochaines semaines, une certaine nostalgie, en revenant dans le Yunnan le 13 octobre, dans le Sud cette fois-ci, direction Laos.

Nous quittons donc pour une première fois la Chine émerveillés, remplis d'images, d'odeurs (dont je vous reparlerai), de visages.

Mais, alors que nous amorçions aujourd'hui le trajet (minivan, train de nuit, avion) vers notre deuxième étape, le Népal, je savais qu'il conviendrait de réfléchir un tant soit peu au voyage. Parce que voyager un ou deux mois est une chose. Nous l'avons déjà fait, assez souvent pour que ce ne soit pas un déracinement. On s'ennuie juste assez, on a l'impression qu'on retrouvera nos vies sous peu, et même si ici le dépaysement n'a aucune commune mesure avec nos autres aventures, nous ne sommes, pour l'instant, pas autre chose que des touristes comme auparavant. Il est encore tôt, bien trop tôt, pour que ce voyage devienne ce qu'il doit devenir. En effet, l'Organisation mondiale du tourisme, relevant des Nations Unies, définissant le tourisme comme «un déplacement hors de son lieu de résidence habituel pour plus de 24 heures, mais moins de quatre mois», on comprend non seulement qu'à ce compte, nous serons encore touristes pour un petit moment, mais aussi qu'on deviendra autre chose en chemin, par la suite : un étrange hybride difficile à définir, encore plus par qui ne l'a pas vécu.

Mais on sent déjà quelques signes de cette métamorphose, car tout comme la péremption d'un yogourt, elle ne se fait pas brusquement dans la nuit du 121e jour, vous l'aurez deviné. 
 
On se reconnaît d'abord une paix intérieure qui n'habitait pas nécessairement nos autres voyages. Je ne sais pas combien cela durera, mais, rien qu'entre nous six, l'atmosphère de bonne entente, de complicité, de confiance est à un paroxysme (durable) qui surprend, compte tenu du potentiel explosif des circonstances extrinsèques (bon, d'accord, et parfois intrinsèques...)

Laurence me faisait aussi remarquer la différence entre nos deux passages à l'aéroport de Kunming, aujourd'hui et à notre arrivée il y a trois semaines. Autant nous étions (quasi) désemparés la première fois, autant ce matin on se sentait presque comme à Dorval... 

Il faut tout de même préciser que nous nous aidons en nous choyant. On ne se la fait pas dure, surtout en ce qui concerne l'hébergement. On ne lésine pas sur le confort des chambres (quoiqu'un lit chinois confortable se définisse par un matelas d'au moins un pouce d'épaisseur, quoiqu'une grosse araignée (du soir, espoir) sur le mur et une petite souris dans le plafond (mais pas encore de punaises de lit, Sarah) aient fait partie de nos colocs), et même si nous sommes le plus souvent en auberge de jeunesse, on prend toujours deux chambres (même trois quand le prix le permet, comme dans la Ville dont on ne peut plus...) et nos toilettes/douches sont privées (bien que parfois sans séparation d'avec le reste de la chambre, mais bon). Enfin, on n'est pas à plaindre, on s'est ménagés, pour ne pas être déstabilisés de partout. À Katmandou, on s'est même payé du «luxe» (selon les standards népalais) en bustant notre budget (oui Sandra, Martin, Isabelle et Marco : le Ganesh Himal!). C'est pas compliqué, on est raisonnables en se faisant plaisir, quoi. Et devant les vrais routards, ceux qui sont en dortoirs et qui montent/descendent deux étages dans le froid/noir/nid d'araignées pour se rendre à leur douche, on fait, mais dignement toutefois, un peu touristes. On nous le pardonne (nous les premiers!) parce qu'on est, après tout, une famille avec enfants (on se permet de se déculpabiliser sur leur compte!). 
 
Tout cela peut (et va sans doute) changer, il reste amplement de temps, pour continuer à y réfléchir, notamment.

C'est vrai que les réflexions les plus pertinentes et les plus belles se posent d'abord sur des miroirs; je m'étais proposé d'en retourner quelques uns vers nous, une fois de temps en temps. Vous trouvez ici des observations candides, possiblement éphémères, quoique bien réelles. Il est tôt pour tout réfléchir, oui, mais c'est ce que nous vivons, live.

Une autre occasion s'est ainsi présentée de réfléchir et de progresser en tant que futurs ex-touristes, et c'est en lien avec nos photographies. (En passant, c'est la lentille fixe 50mm/f1.8 qui fait que plusieurs photos sont belles, le photographe étant très amateur...)

Et parce qu'il nous a permis de poursuivre cette réflexion, je me permets de reproduire le commentaire d'une lectrice et amie :
Je dois vous avouer que je suis surprise lorsque je regarde vos photos des «locaux» (non, je n'ai pas trouvé un meilleur mot que ça)... Je sais que ce sont les meilleures et elles sont très représentatives, mais en même temps, j'ai toujours ressenti cette grande retenue en voyage car je me disais que je n'aimerais pas qu'un inconnu me prenne en photo alors que j'ai une discussion avec des amis ou alors pendant que je fais mon épicerie....  Je ne veux surtout pas que ma remarque soit interprétée de manière négative, j'ai seulement besoin de comprendre où se situe la limite... En voyage, lorsque j'étais en compagnie de mordus de la photo, je les voyais souvent prendre des clichés de tout, partout, et souvent j'étais folle de jalousie de voir leurs albums photos par la suite. En même temps, je ne pouvais pas me résoudre à prendre moi-même des photos des gens... Ok, sérieusement, vos photos sont extraordinaires, alors s'il vous plaît n'y changez rien, j'ai seulement besoin de votre opinion sur la chose si opinion il y a à avoir.

Il y a à avoir certain!
Nos yeux débridés seraient-ils des fenêtres ouvertes permettant un voyeurisme vicieux?
C'est vrai que, pour l'instant, nos appareils photo nous suivent partout, dans la poche ou en bandoulière, jusque dans les déplacements les plus anodins. Et c'est vrai que nous avons marché sur notre pudeur (et un peu sur celle des autres?) en choisissant de prendre un cliché (ou deux, ou trente-sept) qu'habituellement nous n'aurions jamais osé. Peut-être parce que nous sentons le besoin d'être témoins, pour d'autres, de ce que nous voyons? De faire voyager par procuration, pour reprendre l'expression d'une autre lectrice? Le fait d'être ainsi observé, par soi-même, puis par vous lecteurs, modifie-t-il notre façon d'agir? (À l'instar de la physique quantique – clin d’œil aux physiciens...) Vous êtes bien plusieurs centaines (!) à nous lire quotidiennement, et ce n'est pas seulement ma Maman qui clique souvent. On publie d'abord pour nous, et par grand plaisir (bon, j'avoue qu'on pousse parfois les enfants, devoirs de français oblige...), mais nous sommes conscients de le vivre un peu pour vous aussi, et cela nous ravit!

Mais peu importe, ce qui subsistera de ce commentaire avisé de notre amie au sujet des photos, c'est d'avoir relancé notre réflexion, assortie d'une plus grande circonspection de notre part, non seulement dans le regard que nous portons, mais aussi dans notre façon de l'immortaliser. Le spectacle pour le seul spectacle ne nous enchante pas, en effet, même si nous avons succombé à ses appas. Cette photo de femmes Baï, affichée antérieurement, par exemple : c'est vrai que présentée ainsi, sans contexte, sans fond, elle est presque gratuite; un peu de poudre aux yeux débridés... et il y en avait des pires qu'on n'a pas publiées...
Depuis, nous prenons plus de soin à photographier les «locaux» (oui, je sais, c'est un anglicisme sémantique, mais il me semble que autochtone, indigène, et même natif me font tous penser à Elijah Harper) et le cas échéant où on doit les prendre en train de faire «leur épicerie», on cherche à tout le moins leur permission. Et vous savez quoi? Tant les «oui» que les «non» se font avec le plus grand des sourires... Encore touristes, mais d'un autre genre, et certainement plus agréable.


Ah oui, sur une note plus légère, autre indice que le touriste en nous est en train de muter : c'est déjà devenu un peu difficile pour moi de manger avec une fourchette. C'est quoi l'idée de servir du poisson au cari accompagné de nouilles sans baguettes, dans cet avion (chinois, par ailleurs)? Franchement...

Bon, au sens figuré comme au sens propre, on est mieux d'attacher nos tuques, parce que nous atterrissons au Népal incessamment, la space waitrice de China Eastern (pas aussi charmante que celle de Korean Air) me faisant signe de ranger mon portable là, mais drette là.

Katmandou, à nous sept, maintenant!

Chemin de croix vers Katmandou

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Dali-Kunming. En train. De nuit. Huit heures. Avant nous avons fait Ville dont on ne doit plus dire le nom-Dali en mini-van avec Clothilde et Pau qui se rendaient aussi à Dali. Un petit trois heures qui a passé super vite car nous avons chanté une bonne partie de la route (mais ce fut, sans doute, les trois heures les plus longues de la journée du chauffeur!). C'était chouette car nous avions sensiblement le même répertoire, Clothilde et nous. Merci aux Brassens, Renaud, Brel, Aznavour et les autres pour avoir fait des chansons qui transcendent le temps et les frontières.

Attente pour le train de nuit, cinq heures, nous avons donc eu amplement le temps d'aller acheter de quoi nous ravitailler. Michel et moi avons réussi l'exploit de faire comprendre à un charmant couple de restaurateurs de rue, que même si nous n'étions que deux (les enfants attendant à la gare), nous voulions quatre bols de riz, dont deux nature et deux avec des choses dedans. Ce fut un peu long, mais quand on s'est compris, nous étions, les restaurateurs et nous, tellement contents qu'un peu plus et on s'embrassait. Monsieur restaurateur a offert une cigarette à Michel (d'homme à homme, pays de macho, va!) et Michel l'a acceptée en se la calant derrière l'oreille et en lui assurant qu'il la fumerait plus tard. Comme ça tout le monde était content, sauf la cigarette qui a fini écrapou dans un fond de poche!

Nous avons mangé bien assis sur les marches devant le poste de police de la gare. Nous avions acheté des pommes de terre épicées, des patates douces, des saucisses, du riz, des fruits et des gâteaux. Des charmants policiers chinois (qui revenaient de faire les courses avec leur moto de service) sont même venus nous offrir des minuscules marrons tout chauds. Ils sont même restés pour nous regarder les manger (!). Je savais que l'on nourrissait les petits suisses, mais pour les petits Québécois, ça je ne le savais pas.


On était vraiment content de prendre le train en Chine et surtout de prendre un train de nuit avec couchette. Comme nous sommes six et que ce sont des sections de six couchettes, nous avions un compartiment pour nous tous seuls (deux fois trois lits superposés). C'est assez spécial comme concept, mais acheter les billets fut digne d'un dialogue de sourds intense. Ça a l'air simple, mais allez expliquer à un employé, pas trop trop affable, que vous voulez six billets de train, dont quatre pour enfants (surtout quand les enfants ne sont pas là)... Ce fut, on va dire, pittoresque. On s'est ramassés, demandez-nous pas comment, avec six billets de prix différents!



Enfin, c'est avec le ronron de la locomotive, les odeurs de diésel et les sons du sifflet du train, que nous nous sommes assoupis (me semble!) pour faire les 350 kilomètres qui séparent Dali de Kunming (en huit heures, c'est vous dire à quel point le train était lent!).

Ensuite, une autre attente de presque cinq heures à l'aéroport de Kunming, avant notre départ vers le Népal, au petit matin.

Vol sans histoire de près de trois heures. Arrivés à Katmandou, nous pouvons remercier tous les voyageurs qui donnent des conseils sur le net et qui ne disent pas que des bêtises. Michel avait les demandes de visas pré-remplies avec lui et des photos d'identification pour tous. En deux temps trois mouvements, nous avions nos visas, nos bagages et nous étions dans la navette que l'hôtel offre à ses clients pour les conduire à bon port.

Enfin!

Tout un petit chemin de croix vers cette Katmandou mythique!