Une journée avec Liên

6 mai 2012

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C'est au Centre culturel français de Hanoï que Michel a rencontré Liên, au détour d'une allée. Elle y venait pour perfectionner, seule, son français et son anglais et Michel, en l'entendant ânonner, s'est gracieusement offert pour l'aider avec quelques prononciations difficiles. Liên est une jeune étudiante en commerce, très motivée, et qui a décidé d'apprendre, par elle même, le français, l'anglais et le chinois! Rien de moins! Elle vit en résidence universitaire à Hanoï et, entre ses cours, passe tout son temps à l'institut afin de se perfectionner en langues étrangères. Très sympathique et franchement bonne en français, Liên, suite à la leçon avec Michel, s'est proposée spontanément pour nous accompagner, le lendemain, afin de passer la journée avec nous et de nous faire un peu visiter la ville. Voilà une proposition que nous ne pouvions refuser et c'est donc à neuf heures le lendemain que nous avons rejoint notre guide, tout sourire et en petites espadrilles, devant les portes du Centre culturel pour une tournée de quelques attractions touristiques de Hanoï.

Notre première destination: le mausolée d'Hô Chi Minh.
Ce monument à la gloire d'oncle Hô est un exemple frappant d'architecture communiste (énorme et sobre bloc massif de marbre sombre) et est surtout un exemple frappant de culte de la personnalité post-mortem. En effet, à notre arrivée sur place, une queue de plusieurs centaines de personnes faisait le tour du mausolée. Les gens attendaient patiemment en ligne avant de pouvoir entrer dans le tombeau afin de présenter, durant quelques minutes, leur hommage à la dépouille de l'ancien leader révolutionnaire. C'était assez impressionnant à voir bien que je sois certaine que le plus impressionné (consterné?) serait sans aucun doute Hô Chi Minh lui-même qui avait demandé expressément à ce que ses cendres soient dispersées dans tout le pays! Comme quoi, une fois mort, les gens font bien ce qu'ils veulent avec nos dernières volontés! Bon, comme nous n'avons pas de dévotion particulière pour Hô Chi Minh et encore moins d'intérêt pour les dépouilles en général, nous avons décidé de ne pas perdre de temps à faire la ligne et d'aller plutôt nous promener dans le parc autour du mausolée. Nous avons cependant tout de même pu visiter la simple maison de bois qu'a habitée Hô Chi Minh (délaissant ainsi le palais présidentiel) et un joli petit temple, en forme de fleur de lotus, datant de plus de mille ans. Le parc était plein de monde et était très animé par ce doux dimanche matin.




 


C'est à partir du mausolée que nous avons ensuite rejoint, à pied, le temple de la littérature, une autre des attractions de la ville. Ce temple, bâti en 1070 pour vénérer Confucius, a longtemps été un lieu d'enseignement et de savoir. C'est maintenant un exemple typique d'architecture vietnamienne traditionnelle et un endroit où des tas de jeunes étudiants viennent, avant la veille d'un examen important, toucher la tête d'une des tortues en pierre du jardin (à leurs risques et périls puisque c'est formellement interdit). Selon la croyance estudiantine, ce geste amènerait la réussite scolaire et, selon Liên, qui a elle-même expérimenté la chose, cela fonctionne vraiment! Ben coudonc!
Il y avait, ici aussi, pas mal de monde en promenade et des jeunes filles en ao dai qui se faisaient prendre en photo dans ce décor bucolique (et d'autres qui couraient après nos enfants pour se faire prendre en photo avec eux). Nous avons fait le tour tranquillement des jardins, entendu un petit concert de musique traditionnelle, visité les temples et, finalement, pris un taxi pour aller diner.




Après le diner (c'est avec Liên que nous avons mangé les crêpes au riz et suc d'insectes, une première même pour Liên... qui n'a pas aimé) nous avons décidé d'aller visiter le village de Bát Tràng un peu à l'extérieur d’Hanoï. Ce village est reconnu pour être un des plus anciens villages de potiers de tout le Vietnam.

Pour nous y rendre nous avons d'abord pris un taxi (qui s'est avéré véreux avec un compteur trafiqué et, à la grande consternation de Liên qui ne voulait pas d'histoire, nous avons menacé le chauffeur d'appeler la police s'il refusait de nous donner un tarif non frauduleux, ce qu'il a fini par accepter, naturellement) et nous avons ensuite pris un autobus local jusqu'au village. Nous sommes alors arrivés dans le paradis de la céramique de toutes sortes. Le village est une formidable usine et surtout une boutique de céramiques à ciel ouvert. Le marché est immense et il y a l'embarras du choix (et du portefeuille) pour ce qui a trait aux vases, théières, bols, cruches et vaisselles diverses. Liên s'est proposée pour nous accompagner dans nos déambulations commerciales pendant que les enfants ont pu se lâcher lousses dans un atelier de confection, à l'aide d'un tour, de leur propre cossin en terre glaise. Pour ces pauvres enfants privés de loisirs artistiques depuis des mois, c'était le paradis! Nous les avons donc laissés tenter de créer un truc qui ressemble à un truc (ce qui semble bien plus simple qu'il n'y parait) et sommes allés magasiner avec Liên. Pauvre Liên! Elle ne savait sans doute pas, avant de nous proposer de nous accompagner, quel genre de consommateurs non compulsifs nous étions! Nous avons bien dû faire le tour du marché trois fois avant de trouver, choisir, comparer, décider et finalement d'acheter quelques objets!







C'est donc avec plusieurs paquets fragiles (bien hâte d'ouvrir le colis une fois rentrés à la maison) dans les bras que nous avons repris l'autobus vers Hanoï. Nous avons alors proposé à Liên de venir souper avec nous et avons encore marché pas mal avant de rejoindre le restaurant où nous voulions l'emmener (un restaurant australien, question de l'inviter dans un endroit où elle ne devait pas aller souvent). La pauvre avait les pieds en compote et trouvait que, franchement, les Québécois étaient vraiment d'infatigables marcheurs!

Le souper fut animé et nous avons bien rigolé à tenter de reproduire les différents accents vietnamiens servant à différencier différents mots (le même mot peut, selon l'intonation qu'on y met, signifier plusieurs choses très différentes). Quelle langue fascinante que je ne pourrais jamais maitriser!

Nous avons quitté Liên, le cœur un peu gros en sachant que nous ne la reverrons sans doute jamais. Elle était vraiment charmante et attachante et nous a donné une journée de sa vie, juste comme ça. Voilà des cadeaux précieux qu'il faut reconnaitre à leur juste valeur. Merci Liên!

Du kayak dans la baie de Cat Ba

29 avr. 2012

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Nous avons interrompu notre séjour à Hanoï pour aller passer deux jours à la baie de Cat Ba, juste à côté de la célèbre baie d’Halong. Les deux baies sont presque identiques car nous y trouvons le même genre de rochers. La seule différence, c’est qu’à la baie de Cat Ba, il y a moins de touristes et que c’est moins cher pour y aller. 

Il nous a fallu une journée entière pour arriver à la baie de Cat Ba. En tout, nous avons pris trois autobus et un bateau pour nous y rendre. Nous avons donc, comme prévu, passé une nuit dans la ville de Cat Ba après avoir planifié notre excursion du lendemain, dans la baie.

Le lendemain, nous sommes partis sur une genre de jonque sur laquelle nous passerons une nuit et deux jours, avec nos nouveaux amis Noémie et Idris, de gentils français que nous avons revus par la suite dans notre hôtel à Hanoï.

Au tout début de notre croisière, après avoir traversé plusieurs villages de pêcheurs, nous nous sommes arrêtés devant une petite maison sur pilotis. Sous cette dernière, il y avait un genre d’élevage de calmars et un énorme poisson que l’on appelle le Lucky Fish, car il peut devenir très gros et se vendre très cher. Chacun de ses kilos peut coûter 50 dollars et, s’il est bien entretenu et bien nourri, il peser jusqu’à 80 kilos. Pour une simple famille vietnamienne, c’est donc très avantageux d’en prendre grand soin!

Village flottant dans la baie


Peu de temps après, nous sommes partis, en kayak, admirer les magnifiques rochers de la baie en ramant pour nous réchauffer, mais en faisant tout de même attention de ne pas nous mouiller car l’eau était glacée. Après environ une heure de kayak, nous sommes retournés au bateau sans savoir que nous nous dirigions vers un autre endroit à explorer en kayak. C’est après cette deuxième promenade, que nous commencions vraiment à avoir faim. 

Heureusement que nous n’avons pas trop eu à attendre avant que le dîner ne soit prêt! Nous avons eu comme repas des tomates cuites, du chou cuit, du poisson, des omelettes et bien sûr, pour accompagner le tout, du riz. Même si cela n’en a pas l’air, c’était assez bon. Après le dîner, nous sommes encore retournés faire du kayak. Cette fois-ci nous sommes allés sur deux plages. C’était vraiment très joli. J’ai préféré la première plage car nous nous amusions à faire des courses et du saut en longueur tandis que sur la deuxième il y avait trop de galets pour pouvoir courir.

Saut en longueur...

...et course de vitesse!

Avant de se refroidir à la plage...
Nous nous sommes un peu baignés et nous sommes  donc retournés au bateau, mouillés et glacés par l’eau froide. Cette fois, nous pensions en avoir terminé avec le kayak, car le soleil commençait à se coucher, mais nous avions encore une petite expédition de prévue pour aller voir une grotte et ses alentours. C’était vraiment extraordinaire de penser que le seul moyen de nous rendre dans cet endroit, c’était de passer sous les rochers. Le seul problème, c’est que  nous commencions vraiment à avoir les bras en compote, ce qui ne nous a tout de même pas empêché de faire des courses de kayak jusqu’au bateau!












De retour sur le bateau, nous avons dû attendre l’arrivée de deux messieurs grecs qui venaient nous rejoindre pour le souper. Nous avons donc mangé assez tard. Je commençais à penser que nous ne souperions jamais!

Le souper ressemblait beaucoup au dîner, sauf qu’à la place du poisson, il y avait des crevettes. Puisqu’il n’y avait que deux chambres dans le bateau, Nicolas, Olivier et les deux grecs ont dû dormir sur le pont tandis que Papa, Maman, Thomas et moi avons dormi dans une chambre et Noémie et Idris dans l’autre. J’ai passé une bonne nuit, et je crois que les autres aussi. Le déjeuner était assez bon, il y avait du pain avec du beurre et de la confiture méga sucrée, mais aussi beaucoup de thé.

Capitaine en gougounes
 
Nous n’avons pas été très surpris lorsque le guide nous dit que nous allions encore faire du kayak. Nous espérions seulement que l’on n’en fît pas autant que la veille car nous avions mal aux épaules! Finalement, nous n’en avons fait qu’une seule fois, mais c’était la plus belle fois car il ne faisait pas trop froid, et le paysage était super beau. Nous étions entourés de rochers presque entièrement recouverts de verdure. Nous avons même vu des singes qui se baladaient d’arbres en arbres, sur les rochers!






Notre expédition       OG5YMGMGtouchait à sa fin car le soir même nous devions être à Hanoï, dans notre super hôtel. Mais avant cela, il nous restait une dernière activité : un petit trek de deux heures sur une île. Ce trek nous a fait arriver dans un petit village après une heure de marche à travers un sentier très fleuri où je me suis fait beaucoup d’amies chèvres. Ça m’a fait du bien de marcher un peu, après tout ce temps passé dans un bateau, de plus la nature environnante était extraordinaire!




Un petit moment de répit
Il ne nous restait plus qu’à dîner avant de retourner à Cat Ba. Heureusement, car j’avais très faim! Nous sommes arrivés à Cat Ba juste à temps pour prendre l’autobus. Nous avions déjà les billets, car nous avions téléphoné à l’agence de voyage depuis le bateau.
Il ne nous fallait plus que prendre les quatre autobus (il y en avait un de plus que la dernière fois) et le bateau pour arriver à Hanoi.

Dure attente d'autobus
Même si nous étions contents de retrouver notre hôtel, nous avons passé un beau séjour sur la baie de Cat Ba, car le paysage était impressionnant, même s’il faisait presque tout le temps gris (ce qui était tout de même avantageux, car nous n'avions pas trop chaud). De plus, nous étions sur un super bateau assez gros pour le peu de personnes que nous étions. Je recommencerais une croisière comme ça n’importe quand, sauf que je réduirais un peu le kayak car ça commençait à être assez fatigant pour les bras!