De la jeunesse

10 sept. 2011

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Les auberges de jeunesse, j'adore!

Faut tout de suite s'enlever de la tête l'association auberge de jeunesse = jeunes pouilleux qui grattent la guitare dans des dortoirs miteux. Les auberges de jeunesse où nous avons couché, depuis notre départ, ont toutes été géniales. Coquettes, propres, accueillantes, avec cette ambiance bon enfant qui permet à une famille nombreuse de s'y sentir bien. Nous réservons toujours des chambres avec salle de bain et les décors sont presque toujours magnifiques.

Hier, nous sommes allés prendre un verre au «bar» de l'auberge. On a passé le reste de la soirée à jaser avec Pau et Clothilde (un couple catalan-française vivant à Vancouver) et avec Maria (une polonaise ayant appris le français à Paris et travaillant à Pékin). Autour d'une bière chinoise, d'un mojito et d'un Pernod, c'était des rires et des échanges sur les voyages et sur la Chine. L'avantage indéniable de voyager avec des enfants de l'âge des nôtres c'est qu'ils sont assez vieux pour être seuls dans leur chambre mais trop jeunes pour nous suivre au bar!

Dans les auberges, on peut manger nos fruits sur le coin d'une table, faire notre lavage, grignoter un morceau, jouer au billard, caresser les chats, louer des vélos. On y parle souvent un peu anglais, et on donne gentiment des indications pour le transport vers la prochaine étape, quand ils ne nous l'organisent pas eux-mêmes. 

Comme nous ne déambulons pas de 8 heures à minuit dans la ville, l'endroit où l'on se pose prend toute son importance. C'est là, souvent, que nous prenons le temps de respirer et de ne rien faire. Les enfants sont libres, ils s'installent, jouent aux cartes, écrivent à leurs amis, lisent un peu. Ils ont leur clef et sont relativement autonomes pour le dodo et l'organisation de leur chambre. Bon, c'est souvent bordélique (quatre ados dans la même chambre, je vous laisse visualiser), mais c'est leur problème. Je lâche définitivement prise sur cet aspect de l'organisation. Ils font leur sac seuls, s'arrangent pour que tout rentre, doivent nous prévenir s'ils doivent laver du linge. Je vérifie uniquement si rien n'est oublié et si la chambre est relativement propre lorsque l'on quitte. Souvent, je parle avec Nicolas via Messenger, le soir, pour vérifier (paresseusement car je pourrais me lever) que tout va bien, que les dents sont vraiment brossées et qu'ils ne font pas trop de niaiseries.

Dans l'auberge de jeunesse de Shaxi, nous avons réservé trois chambres. Super luxe car, la plupart du temps, nous réservons deux chambres et les enfants dorment deux par lit (double, tout de même).

Aujourd'hui, l'auberge de jeunesse organisait gratuitement un trek de cinq heures dans les collines surplombant la vallée. Nous étions quatorze avec le guide (Sleeper (!), un chinois de Chengdu super en forme et qui parlait vraiment bien anglais) et l'énorme Saint-Bernard, et ce fut toute une journée! On a marché, on a vu des paysages superbes, on a sué comme des bœufs (moi surtout), on a jasé avec les autres, on a cueilli de l'eucalyptus, vu des tonnes d'edelweiss, eu peur que les enfants se brisent quelque chose sur les rochers (le petit Chinois qui me suivait avait tellement que JE me brise quelque chose qu'il me tenait de temps en temps le bras!), eu de la petite pluie juste à temps pour nous rafraichir, partagé des fruits et des biscuits avec nos compagnons, vu des champignons et évité des araignées de la mort.




Les enfants ont été incroyables!


Toute une marche qui nous a fait délacer nos souliers dès notre arrivée à l'auberge et apprécier triplement une excellente bière froide!
C'est toujours à l'auberge que nous avons soupé. C'était le «family dinner». Une longue table, la proprio, le guide et tous les gens qui, pour moins de 3$, veulent bien se joindre à la «famille». Des plats variés sur la table et un côté bonne franquette chaleureux. On a vraiment apprécié et, comme les maisons chinoises ont presque toutes des cours intérieures, c'est dans celle-ci que nous avons terminé la soirée avec Clothilde et Pau.

Si nous n'avions pas rendez-vous avec un avion le 13 septembre, on resterait certainement quelques jours de plus ici!

Sur la route du thé

9 sept. 2011

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Départ de Shangri-La, très tôt ce matin, sous une petite pluie et dans le brouillard.

Nous avions réservé une voiture avec un chauffeur (genre de station-wagon, pas de suspension) pour nous conduire à Shaxi (prononcer Cha-shi, et oui, les enfants trouvent ça très drôle) notre prochaine destination. Nous aurions pu prendre l'autobus (deux ou trois, au fait) mais pour quelques sesterces de plus, on avait un service porte-à-porte avec un chauffeur qui semblait prendre personnel s'il ne doublait pas toutes les voitures devant lui.

Shaxi est sur notre route de retour vers Kunming. On pensait monter plus au nord dans le Yunnan, après Shangri-La, mais parait que la route est en construction sur près de 200 kilomètres, ce qui veut dire un bon quatorze heures de route, juste pour se rendre. Comme nous avons tout de même un avion qui part de Kunming le 13 septembre, on a préféré redescendre tranquillement, en nous arrêtant à Shaxi, que deux personnes, différentes, nous avaient conseillé de visiter.

Shaxi est un ancien centre névralgique, moyenâgeux, du commerce du thé. En plein cœur d'une vallée verdoyante et entourée de montagnes, les tibétains venaient échanger des chevaux contre le thé du Yunnan. Il en reste maintenant une charmante vieille ville, encore peu fréquentée par les touristes.

Nous sommes arrivés en plein marché du vendredi. C'est le jour de la semaine où les gens des villages autour de Shaxi descendent pour échanger, acheter et vendre des trucs. Un super charmant bordel! Des fruits, des légumes, des pâtisseries pour la fête de la mi-automne qui s'en vient, de la viande, des noix… le tout à profusion. Nous avons acheté des grenades gigantesques (ici elles sont vertes et les grains à l'intérieur sont presque translucides), des bananes, des oranges vertes, des pommes, des tomates, des concombres et des gâteaux, à des prix défiant toute concurrence! Les enfants ont même mangé des saucisses grillées (c'est des protéines, non?) pour rassurer Cathy.

Ce sera définitivement notre camp de base pour deux ou trois jours, le temps d'explorer la vallée.

Ce soir, comme c'est ma fête et alors, au diable la dépense, nous sommes allés souper dans un restaurant indiqué comme étant le meilleur et le plus cher de la ville. Bon, fallait d'abord le trouver ce resto. Cela a dû nous prendre une bonne heure en demandant à cinq personnes qui n'avaient aucune espèce d'idée de quoi on parlait. Pas évident à trouver car aucune enseigne devant la porte. Et en franchissant le seuil, pour pénétrer dans une petite cour intérieure, nous avons bien failli rebrousser chemin. Personne, pas de table, pas l'air d'un restaurant du tout. On s'en allait quand une petite madame est sortie de son salon, avec son mari, pour nous faire signe de revenir.

On s'est assis sur des petits tabourets, dans la cour intérieure, et la dame nous a demandé de la suivre dans sa cuisine. Elle nous montrait des trucs et nous avons déduit (perspicaces que nous sommes) qu'elle nous demandait ce que nous voulions manger. Elle nous a alors cuisiné un des meilleurs repas de notre séjour en Chine. Champignons sautés (elle nous a fait comprendre qu'elle venait tout juste de les cueillir), pommes de terres en juliennes, bambous (?), fèves (?) frites, omelette aux herbes, choux en salade… C'était tellement délicieux que nous avons tout dévoré! À la fin du repas, elle a amené les enfants se cueillir une grenade à même l'arbre dans sa cour. Et c'est sur le boulier chinois qu'ils nous ont indiqué le prix pour ce repas, un gros 20$ avec le thé, le riz et des bières! Si c'est le restaurant le plus cher de la ville, je me demande ce qu'offrent les autres!

Notre auberge est super accueillante, les gens vraiment gentils et demain nous partons marcher avec un guide de l'auberge (un trek gratuit de cinq heures dans la vallée) et des «copains» de voyage. Au retour, l'auberge organise un «family dinner», genre de repas collectif. 

Hum, je sens que nous allons aimer cette ville!

On vous en redonne des nouvelles!